Sortir de l’école en gesticulant

Ecrire une conférence gesticulée, c’est mettre au jour son expérience personnelle et le savoir politique qu’on en a tiré pour les partager avec un public. Toutes ces petites choses, ajoutées, mélangées, secouées, imbriquées ensemble donnent un orage explosif qui ne plaira pas aux Institutions, un véritable outil pour la lutte.

Pour ma part, voilà la démarche que j’ai suivie :

1) Entremêler les fils de scoubidou :

Ma conférence joue sur l’alternance entre trois points de mon expérience personnelle : le théâtre, le militantisme et le métier de professeur des écoles que j’ai exercé pendant 5 ans.

Depuis toute petite, j’ai cherché comment je pouvais exprimer le mieux mon militantisme, hésitant entre mes deux passions : le théâtre et l’école.

2) Combiner la théorie et la pratique, sans perdre de vue le politique :

Je raconte toutes les désillusions que j’ai subies à l’Education Nationale, en terminant sur les grandes réformes débutées avec Xavier Darcos en 2008 et poursuivies aujourd’hui par son successeur.
Je raconte que j’ai cru pouvoir militer à l’école, car pour moi l’enseignement n’est pas dissociable du militantisme, mais que, dès le début, je me suis heurtée à des murs. En 2009, blessée par le mépris de ma hiérarchie envers les travailleurs que nous sommes dans l’éducation, mépris pour les enseignants et tout le personnel éducatif, qui équivaut donc à un mépris pour les enfants, et pour les familles, j’ai finalement pris la décision de sortir du système un temps (je suis en disponibilité) pour prendre du recul avec le métier que je ne me vois plus faire, du moins pas comme ça.

3) Raconter comment j’ai rencontré le théâtre militant, ou le militantisme artistique, et l’Education populaire

Depuis ce jour, je fais des ateliers théâtre avec la Cie Jolie Môme, je participe aux créations nationales de la Cie NAJE de théâtre-forum, et je travaille sur le concept de conférence gesticulée avec un certain Franck Lepage. Je me rends compte que, pour ma part, je préfère militer avec l’outil de l’éducation populaire, en passant par le théâtre, plutôt que retourner dans le système institutionnel sclérosé. Pour l’instant.

4) Ne pas perdre le but : l’action collective

Je ne prône aucun dogme, aucun moyen unique de lutte, et surtout, je ne livre pas mon parcours comme un exemple à suivre ! Je raconte mes propres questionnements, je questionne les moyens que nous avons pour lutter aujourd’hui dans l’Education Nationale… et en général…
J’aimerais que chacun, avec le métier qu’il fait, ose tout d’abord se poser les mêmes questions, et puis, qui sait, peut-être un jour se lève, s’unisse avec d’autres et ose défendre ce en quoi il croit.

5) Ne pas oublier le côté émotionnel de la conférence

Ma conférence fait rire (pour ce que j’ai pu en constater sur les premières représentations), car je mets en scène parallèlement toute une galerie de personnages de l’Education Nationale, dont moi en instit’, mais aussi des personnages du texte de Jacques Prévert, « La Crosse En l’Air », dont je joue plusieurs extraits. Elle provoque aussi une grande émotion, car quelque soit le métier des gens qui la voient, elle semble faire écho à pas mal de souffrances au travail, quand on a cru faire un métier plein de valeurs qu’on défend. Enfin, elle énerve, car, politique, elle n’est pas « politiquement correcte ».

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