Le directeur de l’enseignement scolaire de Benoît Hamon donne sa démission et s’en va

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Le directeur de l’enseignement scolaire de Benoît Hamon donne sa démission et s’en va

Pour Benoît Hamon, les ennuis commencent. Son directeur de l’enseignement scolaire, Jean-Paul Delahaye a rangé ses affaires et est définitivement parti, mercredi 30 avril, sans que le ministre ait une solution de rechange. Du jamais-vu Rue de Grenelle. Cette vacance est une catastrophe du point de vue du fonctionnement du ministère, et un vrai problème politique.

Jean-Paul Delahaye, qui a accompagné les dix-huit mois de Vincent Peillon à l’éducation, d’abord comme conseiller spécial, ensuite comme directeur de l’enseignement scolaire (Dgesco),  a remis sa démission au ministre, envoyé un mail d’adieu à ses collaborateurs et est parti.

Depuis son arrivée, Benoît Hamon savait que l’homme ne resterait pas à ses côtés. Le ministre a tenté de le retenir, lui demandant d’accompagner ses premiers pas dans ce lieu assez codé. Il a proposé ce poste qui nécessite charisme et force de travail à l’actuelle directrice de l’évaluation et de la prospective, Catherine Moisan, qui l’a décliné. Les noms de Florence Robine, rectrice de Créteil, et de Béatrice Gille, rectrice de Nancy-Metz, circulent à leur tour ; mais la première a le handicap d’avoir été nommée rectrice sous la droite, et d’être critiquée par quelques-uns de ses collègues ; la deuxième de n’avoir pas le parcours classique d’une rectrice. Officiellement, l’entourage de Benoît Hamon fait savoir que M. Delahaye « sera remplacé dans les jours à venir ». Officieusement, la gauche n’a toujours pas reconstitué de vivier de cadres supérieurs capables de tenir des postes clés. La minceur du vivier potentiel qui a été un handicap pour M. Peillon risque d’affaiblir aussi M. Hamon.

Symboliquement, ce départ précipité ne trompe personne. Jean-Paul Delahaye devait présider lundi 5 mai le Conseil supérieur de l’éducation, qui doit discuter du décret Hamon sur les rythmes scolaires. Homme droit, au service de l’école depuis quarante ans, pédagogue dans l’âme, il vivait sans doute très mal l’idée de devoir présenter devant les partenaires de l’école un texte qui détricote pour partie ses deux années de travail aux côtés de Vincent Peillon. Une évidence, pour qui a fréquenté cet homme d’une extrême rigueur morale. Si Benoît Hamon avait trouvé une alternative pour que son décret expérimental soit présenté lundi aux syndicats par une autre personne, il aurait sans doute encore un directeur de l’enseignement scolaire ce soir.

Quand l’équipe Peillon s’était installée Rue de Grenelle, le 17 mai 2012, Jean-Paul Delahaye avait pris soin de ne pas demander au Dgesco de l’équipe précédente de réécrire sa circulaire de rentrée. Une lettre signée par M. Peillon avait été annexée à la circulaire faite par l’équipe Chatel, pour infléchir la politique. M. Delahaye avait alors précisé au Monde : « On aurait humilié l’équipe sortante si on avait demandé au Dgesco de renier son travail. » Benoît Hamon n’aura pas eu cette élégance et le paie en perdant le numéro deux de son ministère. Ce départ précipité sans passation va encore compliquer la tâche du nouvel arrivant, qui n’avait pas besoin de cet imprévu.

Jean-Paul Delahaye, qui travaillait pour Martine Aubry avant la primaire socialiste, a rallié Vincent Peillon durant la campagne présidentielle et ne l’a plus quitté depuis. Il avait été nommé à la Dgesco le 21 novembre 2012. Inspecteur général de l’éducation nationale, il est titulaire d’un doctorat en sciences de l’éducation. Il a occupé tous les postes du système éducatif, de professeur en collège à inspecteur d’académie dans la Seine-Saint-Denis avant d’être nommé inspecteur général. Le combat de sa carrière a été la lutte contre les inégalités et le souci que chaque enfant réussisse. Farouche militant de l’école du socle, il aurait aimé faire plus avancer ce dossier durant son passage Rue de Grenelle. Son âge lui permet de faire valoir ses droits à la retraite ; ce qu’il aurait fait plus tôt si la gauche ne l’avait pas emporté en mai 2012.

Maryline Baumard

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