Refondation de l’école, propositions de Claire Leconte

Dans Blog de Jean Rumain

12 (et une) propositions

Réorganisation des temps de vie des enfants et des jeunes

En tant que personne dite « qualifiée », (c’est ainsi que j’ai été invitée à participer à ces ateliers), je m’autorise à déposer des propositions, à débattre, pour l’atelier intitulé « rythmes éducatifs adaptés ».

1ère proposition : abandonner la terminologie Rythmes scolaires (et même rythmes éducatifs).

Argumentaire : Ce terme n’existe dans aucun document officiel, même dans le plus récent, à savoir la circulaire N°2008-082 du 5-6-2008, il y est question de « l’aménagement du temps scolaire » et plus particulièrement de l’organisation du temps d’enseignement scolaire et de l’aide personnalisée, dans le premier degré. Pour être honnête, il apparaît dans l’annexe au projet de loi de finance, pour les projets annuels de performance, concernant l’enseignement scolaire, en 2011, dans lequel il est dit : « S’ouvre également le grand chantier des rythmes scolaires. La conférence nationale dont le comité de pilotage a été ins-tallé en juin disposera de toute l’année pour consulter et élaborer des propositions adaptées aussi bien au système éducatif qu’à son inscription dans la société française. Parallèlement se mettra en place l’expérimentation « Cours le matin, sport l’après-midi » dans 124 établissements, 83 collèges et 41 lycées. Plusieurs classes de ces établissements bénéficieront d’un nouvel emploi du temps. ». Y tient-on vraiment ?

En fait, en 1976 le Professeur Thomazi reprenait les conclusions de Alain Reinberg, dans son ouvrage Les rythmes biologiques, qui disaient : « le temps scolaire quotidien ou annuel doit s’adapter aux rythmes biologiques et physiologiques de l’enfant ». Deux enquêtes successives furent alors adressées au Conseil Économique et Social, le premier ayant comme rapporteur le recteur Pierre Magnin, le second le professeur Émile Lévy. Le JO n°11 du 27 mars 1979, publie les avis et rapports adoptés par le CES, sous l’intitulé « Organisation des rythmes scolaires et aménagement général du temps ». C’est le professeur Lévy, médecin et donc sensibilisé aux rythmes biologiques, qui rapporte sur la séance du 14 mai 1980 (JO n° 9 du 3 juillet 1980) intitulée « les rythmes scolaires ». Pour information c’est ce rapport qui préconise un allongement de l’année scolaire de 35 à 36 semaines.

Néanmoins les avis rendus sont de souhaiter que soit tenu compte « de l’intérêt prioritaire de l’enfant, que la fatigue scolaire soit évitée et que les divers éléments de classe soient mieux équilibrés ou plutôt répartis de « manière harmonieuse » ».

Si je tenais à faire ce rappel c’est bien pour insister sur le fait que les « rythmes scolaires » ne s’intéressent qu’aux emplois du temps au sein de l’école, est-ce cela que l’on veut encore aujourd’hui ?

En revanche la loi d’orientation du 14 juillet 1989 rappelle que « l’organisation du temps scolaire comporte des insuffisances persistantes ». Elle souligne que « la modernisation du système éducatif français passe par une politique du temps scolaire qui respecte les besoins des enfants et des adolescents tout en étant attentive aux intérêts légitimes du personnel, des familles, des collectivités locales et de la vie économique ».

Enfin puisque sur le site de la concertation a été mis (à juste titre) un texte sur les comparaisons internationales, que les français ont intitulé : rythmes scolaires, on ne peut que constater que ce texte se réfère à la publication transversale d’Eurydice, Organisation of school time in Europe : Primary and général secondary éducation, 2010-2011 school year. Or il apparaît que les données mobilisées permettent d’appréhender trois caractéristiques des rythmes scolaires :

– la quantité totale du temps scolaire, selon l’âge des élèves et le cycle scolaire, mesurée en nombre d’heures par an ;

l’étalement de ce temps sur le calendrier annuel, à travers le nombre de semaines et de jours scolaires par an, mais aussi la fréquence et la durée des périodes de congés ;

– la charge hebdomadaire et quotidienne : nombre de jours d’école par semaine, durée moyenne de la semaine scolaire et de la journée d’école, et durée des séquences d’ensei-gnement.

Où donc est-il question de rythmes ?

Nous sommes au Ministère de l’Éducation nationale, en train de réfléchir à la refondation de l’école, il me semble qu’on ne peut ignorer que les mots ont du sens. S’obstiner à ne parler que de rythmes scolaires, même élargis aux rythmes éducatifs, ferme presque automatiquement la porte aux réflexions à mener autour du partenariat nécessaire à installer pour réfléchir sur l’organisation des temps de vie de l’enfant et du jeune.

Si nous refondons, abandonnons ce terme inadapté et réducteur.

2ème proposition : Une organisation des temps de vie de l’enfant et du jeune suppose que soient généralisés les Projets Éducatifs de Territoire.

La suite… à lire absolument !

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