Non, M. Peillon, l’école ne doit pas fabriquer de la chair à patron !

Dans Sud éducation du mercredi 10 octobre 2012

« Pour réussir l’orientation, il faut non seulement que l’éducation nationale assume sa part de responsabilité, mais aussi que les entreprises se mobilisent davantage » […] « Il faut faire découvrir l’entreprise et les métiers dès la sixième et cela jusqu’à l’université. » « Je veux que l’on puisse ajuster les préoccupations des entreprises et les nôtres pour donner la meilleure formation possible et la plus utile aux jeunes. L’éducation nationale est capable de changer le contenu de ses diplômes et de ses formations pour répondre rapidement aux besoins de l’économie et des entreprises ; elle est mobile. La co-éducation, c’est aussi cela. » « Il faudrait que les entreprises fassent mieux connaître leurs métiers dans les classes afin que les jeunes soient mieux informés des débouchés. Il faut aussi que les enseignants aient, au cours de leur formation, un contact avec le monde de l’entreprise ».

Ces propos ne sont pas ceux de la présidente du Medef, Mme Parisot, mais bien ceux de Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale. Dans un entretien publié dans Les Échos le 3 octobre, M. Peillon reprend à son compte le crédo néo-libéral de ses prédécesseurs qui n’ont eu de cesse de chercher à soumettre l’école au monde de l’entreprise.

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Un commentaire pour Non, M. Peillon, l’école ne doit pas fabriquer de la chair à patron !

  1. Jopeu dit :

    Les bras nous en tombent et c’est pas fini, mais aura t-on assez de bras ?

    V.Peillon n’aurait pas dit :

    « Je veux que l’on puisse ajuster les préoccupations des entreprises et les nôtres pour donner la meilleure formation possible et la plus utile aux jeunes. L’éducation nationale est capable de changer le contenu de ses diplômes et de ses formations pour répondre rapidement aux besoins de l’économie et des entreprises ; elle est mobile. La co-éducation, c’est aussi cela. »,

    c’était du langage bateau ordinaire mais, là, c’est l’aveu que le service public a vocation à être purement inféodé au privé et au patronat, démentiel pour un représentant de la gauche, on se retrouve exactement dans la continuité des gouvernements précédents.
    Comme pour la droite et le patronat, les futurs « employés » ont « juste » besoin d’être formés (et avantageusement par l’éducation nationale aux frais de tous) à leur futur emploi, la case-emploi à remplir (pré-définie par une liste d’actions à produire + un salaire + le fait -évident- de n’avoir aucun pouvoir sur l’entreprise + mais la satisfaction d’avoir un certain pouvoir éventuel sur d’autres employés).
    En poussant un peu, on pourrait aussi définir l’emploi futur d’un certain nombre de personnes dès la 6eme (évidemment sans leur demander leur avis, ils n’en ont pas c’est sûr)…aberration totale.

    NB. On parle d’entreprise à tort, ça fait plus collectif, pour masquer en fait l’individu ou les individus qui ont le pouvoir dans l’entreprise, (dans le cas des grosses entreprises, pdg et actionnaires supportés par le MEDEF qui identifie ceux qui dirigent et l’entreprise elle-même, ceux qui produisent ne comptent que lorsqu’il s’agit de diminuer le « coût du travail »).

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