GROSPERRIN enterre les IUFM, 8 février 2012

Dans C’est classe !

08 février 2012

Jacques Grosperrin enterre les IUFM

Manif paris 12 mars 2010 005

Jacques Grosperrin, député UMP du Doubs, avait déjà fait scandale en proposant de supprimer à terme le Capes et l’agrèg. Le voilà de retour avec un projet de loi qui enterre les IUFM (les instituts universitaires de formation des maîtres) et ouvre la voie au privé pour former les enseignants. Résultat: un nouveau tollé.

Une dizaine d’organisations – la FSU (première fédération de l’éducation), le syndicat enseignant  SE-Unsa, la Ligue de l’enseignement, la FCPE (première fédération de parents d’élèves), les étudiants de lUnef, Sauvons l’Université (SLU) … – ont dénoncé la proposition de loi. Selon eux, elle achève de détruire une formation des enseignants déjà mise à mal par la réforme (la « masterisation« ) qui réduit quasiment à néant la partie professionnelle.

Le groupe Marc Bloch, qui réunit 59 présidents d’université, directeurs d’établissements du supérieur et de la recherche, ainsi que des hauts fonctionnaires, a également pris position dans une tribune reproduite ci-dessous. Des députés et des sénateurs de gauche sont aussi mobilisés.

A deux mois et demi de la présidentielle, on ne voit pas très bien ce qui pressait à ce point. Peut-être  l’UMP veut-elle parachever l’une des réformes les plus contestées mais aussi les plus emblématiques du quinquennat dans l’éducation. Le candidat-non-déclaré Nicolas Sarkozy, qui semble vouloir faire une campagne frontale, pourrait alors la brandir comme une réforme courageuse et modernisatrice qu’il a menée à bien, tenant bon face à tous les immobilismes…

Toujours est-il que le 10 janvier, Jacques Grosperrin a déposé sa proposition de loi. Elle a été adoptée  en commission le 1er février avec deux amendements. Elle doit être débattue aujourd’hui à l’Assemblée nationale avant d’être soumise au vote le 14 février.

Le 1er février, le député UMP est revenu sur un point très critiqué de sa proposition de loi et a réaffirmé le cadrage national de la formation. Aujourd’hui, son texte, qu’il présente comme « technique« , est contesté essentiellement sur le point suivant: il stipule que « la formation des maîtres est assurée par les  établissements d’enseignement supérieur, notamment par les universités » – mais pas exclusivement, lit-on en filigrane. Avant, le Code de l’éduction indiquait qu’elle « assurée par les IUFM« .

« Cette proposition de loi préconise de gommer toutes les références aux IUFM encore présentes dans le Code de l’éducation, souligne le SE-Unsa dans un communiqué le 2 février. Exit les écoles professionnelles. Place aux officines privées ou aux instituts catholiques sur le ‘créneau’ de la formation des enseignants qui ne serait ainsi plus dévolue aux seules universités« .

« Si ce texte devait être adopté, ajoute le syndicat, il acterait la fermeture définitive des sites départementaux des IUFM et avec eux, une formation initiale et continue de proximité« .

Dans le supérieur, le groupe Marc Bloch réclame lui aussi une refonte de cette réforme et fait des propositions. Voici la tribune qu’il nous a fait parvenir (les surlignages en gras ont été rajoutés pour une meilleure lisibilité):

« La dernière blague du gouvernement: une réforme « technique » de la formation des maîtres !

Par le groupe Marc Bloch

« La réforme de la formation des maîtres qui fut l’un des projets majeurs du Ministre Xavier DARCOS, visait à élever le niveau de formation initiale des futurs enseignants et à mieux préparer leur entrée dans le métier.(…)

Alors que les universités, les milieux scientifiques ou académiques et les organisations syndicales considéraient de manière tout à fait favorable l’ambition d’élever le niveau de formation des maîtres, le gouvernement s’engageait unilatéralement, et dans l’urgence, dans cette réforme sans la réflexion, ni la concertation indispensables. Seule semblait primer la volonté de profiter de cette réforme pour engager une économie budgétaire en annulant l’année de formation continuée en alternance et supprimer les 16 000 emplois correspondants. Le reste, la pédagogie, la formation des maîtres et l’avenir de nos enfants, tout ceci devint accessoire (…)

La suite

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