Sarkozy accuse Hollande de menacer le consensus sur la laïcité

Dans Libération de mercredi 25 janvier 2012

Sarkozy accuse Hollande de menacer le consensus sur la laïcité

Le candidat socialiste à la présidentielle a proposé dimanche d’inscrire dans la Constitution la loi de 1905, qui sépare l’Eglise de l’Etat.

Nicolas Sarkozy, à Lyon, le 19 janvier. (Photo Eric Feferberg. AFP)

 

Nicolas Sarkozy a dénoncé mercredi, sans le nommer, le projet de son rival socialiste François Hollande d’inscrire dans la Constitution la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat, l’accusant de «menacer un consensus vieux de près d’un siècle».

«La France est comme, chacun le sait, une République laïque et sociale, ce principe est d’ailleurs inscrit noir sur blanc dans le préambule de notre Constitution», a déclaré le chef de l’Etat lors de son discours de voeux aux autorités religieuses à l’Elysée.

«Certains seraient bien inspirés de relire de temps en temps le texte de notre Loi fondamentale. Cela leur éviterait de se donner la peine de chercher à y faire inscrire ce qu’elle contient déjà ! Sauf à vouloir mettre un terme au statut particulier de l’Alsace et de la Moselle hérité d’une histoire douloureuse», a-t-il remarqué.

Lors de sa première grande réunion publique de campagne dimanche au Bourget (Seine-Saint-Denis), le candidat du PS à la présidentielle François Hollande a annoncé son intention d’inscrire «la loi de 1905, celle qui sépare l’Eglise de l’Etat, dans la Constitution».

«Présider la République, c’est être viscéralement attaché à la laïcité», avait lancé M. Hollande, la laïcité «est une valeur qui libère et qui protège».

Craintes pour l’Alsace et la Moselle

Ces propos ont alimenté des craintes, à droite, sur l’avenir du régime dérogatoire du Concordat, qui permet à l’Alsace et à la Moselle, depuis leur retour sous le giron français en 1918, de ne pas appliquer la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat.

Cette loi stipule que «la République assure la liberté de conscience» et «garantit le libre exercice des cultes» (article 1), mais «ne reconnaît, ne salarie et ne subventionne aucun culte» (article 2).

«Pourquoi revenir sur un consensus politique vieux de près d’un siècle? Pourquoi prendre le risque de raviver une querelle religieuse qui a divisé les Français pendant des décennies jusqu’à menacer la République elle-même?», s’est interrogé mercredi le président de la République.

«Notre pays a besoin, plus que jamais, d’unité et de rassemblement. Je refuse toute vision intégriste de la laïcité (…) qui consisterait à exclure de la sphère publique toute référence culturelle ou intellectuelle à la religion», a rappelé Nicolas Sarkozy devant les responsables des cultes.

Depuis son élection, le chef de l’Etat a à plusieurs reprises suscité la polémique en développant son concept de la «laïcité positive» et en insistant sur les «racines chrétiennes de la France», notamment lors d’un fameux discours prononcé en 2007 dans la basilique romaine de Saint-Jean-de-Latran.

La Constitution stipule que «la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale» dans son article 1, et non pas dans son préambule comme Nicolas Sarkozy l’a affirmé mercredi.

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