Voeux 2012 : réactions diverses et variées

Dans Sauvons l’école publique du 6 janvier 2012

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In Le Monde

Sur l’éducation, Hollande accuse Sarkozy de défendre un « modèle libéral »

Caen, envoyé spécial – « On pourra faire tous les modèles que l’on voudra, et Nicolas Sarkozy est un expert, il est très difficile d’enseigner sans enseignants. » François Hollande a fermement répliqué, jeudi 5 février, aux vœux formulés, quelques heures plus tôt à Chasseneuil-du-Poitou (Poitou-Charentes), par le chef de l’Etat à l’éducation nationale. Nicolas Sarkozy, qui avait formulé ses propres propositions de réforme sur ce dossier, avait jugé « irresponsable » sa proposition de procéder à 60 000 recrutements dans cette administration. En visite dans un centre de formation et d’apprentissage (CFA) de Caen, le candidat socialiste a pied à pied défendu ses positions, les qualifiant de « projet responsable ».

« Moi, je ne qualifie pas ou ne disqualifie pas le projet des autres, a indiqué M. Hollande. J’essaie de les confronter. Moi, ce que je propose, c’est que l’éducation nationale ait davantage de professeurs, de surveillants, de personnels d’accueil, d’enseignants, d’infirmières et de médecins scolaires. »

 

« ÉCOLE À L’ANGLOSAXONNE »

M. Hollande ne s’est néanmoins pas privé de fustiger la vision présentée le matin même par le président de la République : « Le projet de Nicolas Sarkozy a enfin une cohérence. Il consiste à vouloir l’école à l’anglosaxonne, avec une compétition entre établissements, un système où l’enseignant est choisi, ou en tout cas noté, par le chef d’établissement alors que celui-ci n’a pas une autorité complémentaire sur la matière, et à réduire continûment le nombre d’enseignants et de personnels. »

Zéro pointé, donc. Au chapitre du bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy en matière d’école, le professeur Hollande, qui venait d’échanger avec des jeunes en formation, s’est montré encore plus sévère. « L’échec de Nicolas Sarkozy est général, a-t-il attaqué. Mais dans l’éducation nationale, il est particulièrement lourd. Avoir supprimé 70 000 postes, découragé le personnel qui se dévoue pour l’éducation nationale, supprimé la formation initiale des enseignants, laissé l’échec scolaire progresser avec 150 000 jeunes sortant chaque année du système sans qualification, laissé la violence s’installer dans certains établissements… Ce bilan ne justifie pas un projet qui donne confiance. »

 

 

La suite…


Vœux 2012 : attaque libérale du candidat Sarkozy sur l’Ecole (SNES FSU)

Nicolas Sarkozy a présenté ce jour ses vœux au monde de L’Enseignement.

Derrière l’habillage démagogique prétendant restaurer l’autorité à l’Ecole, le chef de l’Etat, déjà en campagne, nous promet de fait un modèle d’école libérale fondé sur :
—  l’autonomie du chef d’établissement pouvant aller jusqu’au recrutement par ce dernier des personnels, remettant ainsi en cause le principe statutaire et ce qu’il signifie d’égalité pour tous les élèves,
—  l’éviction précoce des collégiens sous couvert de préparation à la voie professionnelle,
—  un désengagement de l’Etat employeur qui se décharge sur l’Université de l’ensemble de la formation des enseignants et CPE.

Aucune réponse n’est donnée à la demande collective de retrait des projets de textes sur l’évaluation ; rien n’est dit sur la façon de prendre en charge l’échec scolaire.

Le principe de la baisse de l’emploi public est réaffirmé, le Président de la République félicitant son ministre de l’Education d’être celui qui a appauvri le système public d’Education.

Les professionnels de l’Education rejettent majoritairement ces choix qui tournent le dos à l’égalité et l’objectif de réussite de tous.

Dans la continuité des actions menées depuis la rentrée, le SNES appelle les personnels à être nombreux le 31 janvier pour la grève et la participation à la manifestation nationale à Paris.


Vœux présidentiels : l’École de la République désarticulée (SE-Unsa)

Lors de ses vœux au monde de l’Education, le Président de la République vient de tracer les contours précis du projet pour l’École que portera le candidat Sarkozy dans la campagne des présidentielles.

Durant ce quinquennat, il aura, par touches successives, entamé une transformation en profondeur de notre système éducatif : suppression de la carte scolaire, dynamitage de la formation des enseignants, asphyxie des RASED, recrutement des personnels par les chefs d’établissements en zone ÉCLAIR, volonté de mettre en place un système d’évaluation injuste et inefficace…

Il annonce aujourd’hui la poursuite de sa politique d’étouffement budgétaire. Il la couple à une vision libérale et rétrograde dans laquelle le collège deviendrait une machine à exclure. Là où il faudrait lutter contre la difficulté scolaire, c’est une orientation sans issue qui est proposée.

Quant à l’autonomie accrue des établissements, présentée comme le moyen de restaurer l’autorité des enseignants, elle est, de fait, prétexte à une mise en concurrence dévastatrice pour la cohésion sociale. D’un coté les « classe affaire », de l’autre les établissements « low cost ».

Cerise sur la galette, le Président de la République annonce «  une augmentation considérable de la rémunération  des enseignants », oubliant qu’il en avait pris l’engagement dans sa « lettre aux éducateurs » de 2007 »… et que les personnels attendent toujours !

Pour le SE-Unsa, ce projet ne peut être celui de l’École de la République. Il formule le vœu que l’Education reste un droit garanti par l’État et un investissement indispensable pour la Nation qui doit y consacrer des emplois et un budget conséquent. La cohésion sociale et l’avenir du pays sont à ce prix.


Sarkozy pour la révolution libérale à l’école (Communiqué de JL Mélenchon)

Le chef de l’Etat propose de faire la révolution libérale à l’école. Dorénavant de l’école primaire à l’université le chef d’établissement deviendrait un chef d’entreprise qui recrute et paie les enseignants d’après ses gouts. C’est ce que veut l’autonomie des établissements défendue par Nicolas Sarkozy.

A travers l’apologie de l’entreprise Acadomia, c’est le modèle du chèque éducation que proposait le FN auquel se rallie Nicolas Sarkozy.

On connait désormais le projet de Sarkozy : donner aussi l’école aux marchands.

Education : Sarkozy le démolisseur

Ce jeudi 5 janvier, Nicolas Sarkozy présentait ses vœux au monde de l’éducation. Depuis des années, il est le destructeur conscient et acharné du service public de l’éducation. Par décence, il aurait dû se contenter de s’excuser de cette casse qui menace gravement l’avenir du pays.

Il a d’abord réduit les moyens humains alors que les besoins s’accroissent.

80 000 postes auront été détruits dans l’éducation depuis 2007. Pourtant, comme le notait la cour des comptes en mai 2010, la France affiche déjà le taux d’encadrement le plus faible de l’OCDE, en particulier dans le primaire (5 pour 100 contre 9 pour 100 en Suède ou au Portugal).

L’argument démographique avancé par la droite est de pure fantaisie. Depuis 2007 les inscriptions en primaires ont augmenté en moyenne de 14 000 par an, conséquence logique du dynamisme de la démographie française.

La dégradation du taux d’encadrement est en partie maquillée (37% d’enfants scolarisés avant 3 ans en 2001 contre seulement 13% en 2011) et en partie « absorbée » par la réduction des contenus enseignés (suppression de matière, programmes « allégés » au rabais).

Il a travaillé à la casse des statuts.

En imposant aux futurs enseignants une année de plus de formation, à leurs frais, il accroit la sélectivité sociale des métiers de l’éducation. Mais il s’agit aussi de former une « armée de réserve pédagogique » en vue de casser le statut de fonctionnaire d’Etat. En effet, que pourront bien faire tous les titulaires d’un master « métier de l’enseignement », recalés à des concours offrant de moins en moins de places ? De fait, la part de l’emploi précaire n’a cessé de croitre au détriment des conditions d’enseignement.

Une politique au service de la marchandisation du savoir.

Le recul du service public vise à créer un grand marché du savoir. Avec Nicolas Sarkozy, les officines de soutiens scolaires ont encore prospéré, bénéficiant toujours d’un avantage fiscal conséquent (50% de déduction d’impôt). Avec la suppression des IUFM, les préparations privées et payantes aux concours de l’Education nationale se sont aussi développées. Enfin, la droite a défendu avec constance les droits de l’enseignement confessionnel. « L’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé » affirmait Sarkozy en 2007 à Saint-Jean de Latran. Il a depuis fait tout ce qu’il a pu pour favoriser l’enseignement confessionnel : la circulaire Darcos d’abord, puis de la loi Carle (2009) obligent les communes à financer l’enseignement privé et favorisent le séparatisme social et confessionnel. Le monopole public de la collation des grades universitaires a été abandonné par un accord signé avec le Vatican (janvier 2008). Le « plan banlieue » a entre autres choses servi à créer un fonds de soutien aux établissements privés qui créeraient des classes dans les quartiers populaires. Par ailleurs la ventilation des postes a évolué en faveur du privé, en 2011 ce sont 1200 postes qui ont ainsi été transférés du public au privé.

Cette politique de casse est aussi une politique de classe.

En témoignent les inscriptions en baisse au lycée depuis 5 ans toutes filières confondues, en rupture avec l’effort historique de formation du pays, ou la réforme de l’enseignement professionnel (suppression du BEP, bac professionnel en trois ans au lieu de quatre) à l’issue de laquelle plus de jeunes risquent de sortir sans diplôme. Comme toujours, la droite couvre son incurie de poses moralisatrices, en poussant les familles au sauve qui peut individuel (suppression de la carte scolaire, « internats d’excellence » ne concernant que 0,8% des élèves de ZEP) et en blâmant les victimes (loi Ciotti permettant de pénaliser financièrement les familles, dont les enfants sèchent les cours). Il est trop facile d’incriminer les « familles démissionnaires » quand on organise soi-même la démission éducative de l’Etat républicain. C’est en tout cas plus facile que « créer des classes à 15» dans les ZEP (démantelées depuis) comme le promettait le candidat Sarkozy en 2007.

Lors de ces vœux, Nicolas Sarkozy a vanté « l’autonomie » qui a pourtant fait tant de dégâts dans l’enseignement supérieur. Son projet pour la présidentielle est d’appliquer le même modèle libéral aux établissements scolaires. Décidément, dans l’éducation comme partout, il est grand temps de tourner la page du sarkozysme pour reconstruire le service public, garant de l’égalité républicaine et de l’émancipation individuelle.

 

 Jean-Luc MELENCHON 


Des mauvais vœux du président pour l’avenir de l’école (Snuipp-FSU)

 

Nicolas Sarkozy présentait hier ses vœux au monde de l’éducation, l’occasion pour lui de prononcer un discours aux tonalités électoralistes et d’esquisser ce que serait son projet pour l’éducation après 2012. Un programme mauvais pour l’école.

 

 C’est un véritable projet de réforme du système éducatif qu’a dessiné hier jeudi 5 janvier le président de la République à l’occasion de la présentation de ses vœux au monde de l’éducation. A Chasseneuil-du-Poitou (Vienne), la commune du Futuroscope, Nicolas Sarkozy a détaillé des projets qui concernent peu l’école primaire, mais qui ne laissent rien augurer de bon pour l’avenir de l’école. Dans un discours aux tonalités électoralistes, il a jugé « irresponsable » d’envisager de recréer des postes dans l’éducation nationale mais promis une augmentation « considérable » des rémunérations à condition que les professeurs soient « davantage présents dans les établissements ». Cette mesure concernerait le secondaire avant tout, mais elle fait écho chez les professeurs des écoles, pour qui le temps de travail retenu par les textes ministériels est de 27 heures hebdomadaires de service, alors que tout le travail “invisible” lié à la préparation de la classe, aux tâches administratives, aux relations avec les partenaires de l’école et les parents, allongent considérablement le quotidien du métier.

Les écoles en établissements ?

Il a aussi insisté sur « l’autonomie des établissements » estimant que cela permettra de constituer des équipes soudées, « autour du chef d’établissement », et ce « dès le primaire »… Parmi les autres mesures de son programme figure une réforme du collège unique qui conduirait à partir de la 4ème à constituer des filières de formation professionnelle. « il n’est pas normal que le collège actuel prépare exclusivement à l’enseignement général » a-t-il commenté tandis que la 6ème et la 5ème seraient, comme l’a été l’élémentaire, recentrées « sur les savoirs fondamentaux en assurant une continuité avec le primaire ».

Le socle commun mis en cause

Pour Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp invité à la cérémonie des vœux, « le chef de l’État s’est livré à un tour de passe-passe, dressant le constat d’une crise du système scolaire et du travail enseignant ». Mais, a-t-il ajouté, « c’est un aveu d’échec de la politique menée en matière de formation, d’encadrement, de conception du métier. Et c’est surtout son bilan, car c’est lui qui est aux manettes depuis cinq ans ». Pour le SNUipp-FSU, le discours du chef de l’Etat traduit « une vision de l’école qui conduit à la déréglementation du système éducatif et à la mise en concurrence des écoles »….mais aussi, avec le projet de réforme du collège unique, à « une remise en cause du socle commun, terme qu’il n’a même pas employé une seule fois durant son discours ».

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