Fichier base-élèves, la résistance continue !

Dans Midi Libre 22 septembre

Ficher Base élèves : la résistance continue

JOËL BORN
22/09/2011, 06 h 00
Karine Alibert est enseignante à Verrières.
Karine Alibert est enseignante à Verrières. (Photo DANIEL BRUEL)

Ils ne sont pas nombreux mais ils continuent à s’opposer résolument au fichier Base élèves. À l’image de Karine Alibert. Cette jeune enseignante du Sud-Aveyron, chargée d’école à Verrières, était convoquée, hier, par l’inspecteur d’académie de l’Aveyron, à Rodez, pour un petit rappel à l’ordre. Parce qu’elle a refusé de prendre possession de la clé sécurisée qui permet aux enseignants d’accéder à ce fichier informatique.

La jeune enseignante a reçu, hier, le soutien de syndicalistes, parents, élus et autres défenseurs des droits de l’homme. Opposée au fichage en général, Karine Alibert se réjouit que la mobilisation ait permis de retirer de la Base élèves certaines données, notamment celles ayant trait aux origines ou aux difficultés scolaires. Mais elle s’inquiète de l’informatisation, l’an prochain, des livrets personnalisés de compétences. Des craintes partagées par Joseph Ulla, figure emblématique de l’opposition au fichier Base élèves. « Le danger, c’est la multiplication des données et leurs éventuels croisements. »

Comme Sabine Chevallay, de Saint-Affrique, certains parents d’élèves n’ont toujours pas désarmé. « Le Conseil d’État nous a de nouveau accordé le droit d’opposition pour motif légitime que nous souhaitons faire valoir », explique-t-elle. Des motifs que l’inspection d’académie ne veut pas reconnaître. Des recours ont été déposés auprès du tribunal administratif, et à la suite du classement sans suite de plusieurs centaines de plaintes, quatorze parents se sont constitué partie civile, afin de saisir le doyen des juges d’instruction.

Et les opposants au fichier de l’Éducation Nationale de rappeler que « le comité des droits de l’enfant de l’ONU a recommandé à la France de respecter l’anonymat des données » Ce qui n’est, selon eux, pas le cas.

Hier, Karine Alibert a donc été rappelée à l’ordre. « L’inspecteur lui a signifié qu’elle était fonctionnaire et qu’à ce titre elle devait obéir, commentait après l’entrevue Joseph Ulla. Elle préfère obéir aux pressions de sa conscience qu’à celles de sa hiérarchie. »

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