Collectif contre le dépouillement de l’école… attention !

Un collectif contre le depouillement de lecole   a été créé à l’initiative d’enseignants de l’Éducation nationale pour dénoncer l’abandon par l’État de sa mission de service public d’éducation. Aujourd’hui « l’école est nue », luttons ensemble contre le dénuement de l’école.

Ils ont rédigé un manifeste contre le depouillement de l\’ecole .

Ensortantdelecole : attention, attention, je ne suis pas d’accord avec tous les termes de ce manifeste. Même si je suis d’accord avec le fait qu’il y a certes une école à sauver, la question est de savoir laquelle. Pas celle de Jules Ferry comme il est écrit à la fin de ce manifeste, qui correspond à une époque déjà trop lointaine et à une école déjà loin d’être égalitaire. Ne nous leurrons pas. Ne soyons pas nostalgique de l’école de Jules Ferry qui prônait les bienfaits de la colonisation, l’obéissance absolue des élèves face à un enseignant, qui, lui, possédait tous les pouvoirs, maître incontesté et incontestable, dont le métier consistait à faire entrer de force le savoir dans la tête des enfants. Même si Jules Ferry a permis une école gratuite, laïque et obligatoire, je pense qu’il est maintenant temps de s’autoriser à imaginer une autre école, avec d’autres formes d’éducation, dans une époque totalement nouvelle et qui n’a rien à voir avec celle d’il y a un siècle.

Mais là où je suis quand-même ce manifeste, c’est sur le fait que l’Ecole Publique française actuelle est en train de perdre toute notion de « citoyenneté », de « vivre ensemble », d’ouverture à l’autre, etc…(qui avait été gagnée plus ou moins dans les années 90, et non pas sous Jules Ferry !) qu’il est absolument dramatique que la notion même de « formation » des enseignants soit contestée (quel métier aujourd’hui se pratique sans formation ???), qu’il n’y ait plus d’argent, plus de moyens mis en œuvre pour une vraie lutte contre les inégalités de plus en plus criantes, qu’enfin toute l’Ecole soit tournée vers l’emploi. Et rien d’autre. On ne cherche plus à guider les enfants vers leur qualité d’êtres pensants (mais l’a-t-on vraiment cherché un jour ?), on ne cherche qu’à créer des êtres serviles et obéissants (comme sous la IIIème République, n’en déplaisent aux auteurs du manifeste), « compétents » (c’est-à-dire remplissant tous les critères du « socle commun de compétences », sous la forme d' »évaluations nationales » élaborées en haut lieu et non par la base ou les gens de terrain) et « compétitifs », purs produits destinés  au marché de l’emploi. Comme le dit ce manifeste, l’Ecole d’aujourd’hui ne suit qu’une doctrine, celle des évaluations internationales, qui consistent à mettre au même niveau (bas, de préférence) les savoirs des élèves de chacun des pays européen. Comme le dit Mme Andoulla Vassiliou, actuelle commissaire européenne à l’éducation : il s’agit « d’améliorer les compétences et l’accès à l’éducation en se concentrant sur les besoins des marchés », « aider l’Europe à engager la compétition globalisée », « équiper les jeunes pour le marché du travail d’aujourd’hui », etc…(citée par Nico Hirt, En Europe, les compétences contre le savoir, in Le Monde Diplomatique d’octobre 2010). D’où l’utilisation de l’outil informatique de plus en plus présent dès la maternelle, sans compter les sites internet, les cours par internet, les aides par internet (à la formation des enseignants ou venant compléter les cours des élèves), les fiches à remplir par internet par les élèves et les enseignants, jour après jour, en plus de leur présence en cours, en plus de leur travail quotidien déjà lourd… Les fichiers informatiques sont sur-multipliés et donnent à chacun des acteurs de l’école, de l’élève au proviseur, une surcharge de travail absolument inhumaine (surtout quand on sait que ce travail consiste à « dialoguer » avec une machine, c’est-à-dire remplir des cases !).

Le fichage, qui se fait quoiqu’il arrive et même si au départ l’intention de tout remplir par informatique n’était qu’un moyen de « faciliter » les inscriptions et autres liens entre professeurs, élèves et supérieurs hiérarchiques (mais qui peut encore croire à ça ?), fait entièrement partie de la volonté de gérer l’Ecole comme une entreprise où tout serait sous contrôle du chef, du patron (cf : le dossier Le livret de compétences, et si on creusait ? rédigé par le Snuipp-Fsu Isère, mars 2011, disponible sur site snuipp-fsu Isère).

Il y aurait encore tant de choses à écrire en ces temps obscurs pour l’Education, mais je m’arrêterai là, vous laissant lire ce manifeste qui a le mérite d’exister et de faire entendre parler de notre Ecole Publique en perdition. Luttons tous ensemble contre sa privatisation, là-dessus, on est bien d’accord ! C’est tous ensemble qu’on peut gagner. Allez, je vous laisse vous faire votre propre idée… Bonne journée !

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